«

»

Imprimer ce Article

Histoire

THIVIERS, VILLE DE TIBÈRE

Selon la tradition, nommée Tiverio en 1212 et Tiberio en 1365, a vraisemblablement une origine romaine car située sur la voie qui allait de Vésone à la capitale des Lémovices ; mais les preuves archéologiques nous font défaut. En tout cas, elle apparaît dès le XIèmesiècle comme une des 32 villes closes du Périgord.

Erigé à l’aplomb de la falaise, le château de Vaucocourt, au-dessus du Val qui court en direction de l’Isle, la protégeait, renfermé dans l’enceinte même des remparts, alors que Planeau, aujourd’hui disparu, constituait, dans la plaine, la sentinelle avancée vers le nord.

D’autres Castels se dressaient le long des murailles : Banceil (récemment restauré) ou en avant de la ligne de défense : Filolie (le manoir actuel du XVème siècle a servi de cadre en 1989, avec son enceinte miniature, à une reconstitution des évènements de 1789 à Thiviers), les Limagnes et Razac .
Les rues des Recollets, Jules Sarlandie et André Gay, qui s’appelaient naguère rues des Fossés, suivent encore le tracé des anciens remparts.

L’ÉGLISE DE THIVIERS,
Dédiée à Notre-Dame, date du XIIème siècle. Elle a été plusieurs fois remaniée et même détruite en partie durant les guerres de religion.

Deux chapiteaux de l’église de Thiviers figurent des monstres engoulant des hommes, ils sont si semblables à des chapiteaux de San Isidro de Léon qu’il faut croire à des poncifs circulant sur les chemins de pèlerinage, transportés par des « ymagiers » ambulants.

L’explication réside dans le fait que Thiviers était un des jalons du chemin de Saint Jacques de Compostelle. Les souvenirs du Thiviers de ce temps sont encore très présents puisque le quartier Saint Jacques est toujours situé vers le sud (en direction de Saint Jacques de Galice).
De même le champ Saint Roch était tourné vers Limoges ; une chapelle se tenait à l’emplacement actuel du carrefour Saint Roch. La statue du saint en tenue de pèlerin y accueillait les arrivants (cette effigie se trouve maintenant dans l’église).

LE TEMPS DES GUERRES …
Malheureusement, la fonction de Thiviers ville-étape sur un prestigieux itinéraire de pèlerinage ne protégera pas la cité qui aura à pâtir de toutes les guerres :
en 1211, Jean Sans Terre s’en empare.
L’année suivante, elle est reprise par Guy, vicomte de Limoges. De 1374 à 1376, elle est à nouveauoccupée par les anglais, qui en seront chassés sous Charles VI.
C’est le temps des pestes et des famines : De 433 feux (2600 habitants environ) en 1365, la population de la prévôté tombe à 20 feux en 1503.
Mais les épreuves ne sont pas terminées : en 1575, les calvinistes prennent la ville et les défenseurs sont passés au fil de l’épée, les murailles abattues, le château détruit ainsi que l’église.
Les thibériens pansent leurs plaies, relèvent les remparts, restaurent leur église.

Le nom de certaines portes percées dans l’enceinte survit encore dans la rue de la Tour et l’impasse Pèze : la porte Pèze était celle qui s’ouvrait vers Limoges. Par la rue Traversière (la rue Lamy) et la rue du Thou (rue Jean Jaurès), on parvenait à la porte du Thou près du château Banceil.

C’est en 1601 qu’est fondé hors les murs le couvent des Récollets. Il sera confisqué en 1793 sous la Révolution. Ses bâtiments ont servi de mairie et de collège ; sa chapelle devint un minage pour la vente des grains et des denrées (d’où le nom de place du Minage donné parfois à la place du Peyrat).

logo + THIVIERS

 

 

 

 

 

 

 

LE BLASON DE THIVIERS
C’est en 1641 qu’apparaît le blason à la cloche considéré à tort comme le vrai blason de Thiviers.L’ancien blason : d’argent à un arbre de sinople accosté de deux fleurs de lys d’azur, rappellerait, dit-on, les vastes forêts qui entouraient jadis Thiviers ; mais la cloche garde le souvenir de la plus grosse des cloches d’Abjat sur Bandiat dont un arrêt judiciaire rendu à Nérac, le 8 mai 1641 décide le transfert à Thiviers en expiation du meurtre de François de Vaucocourt, capitaine du Roi et Gouverneur de la ville, commis par les habitants d’Abjat à l’occasion d’une révolte de croquants.
Cette cloche, placée symboliquement sur le blason, le fut réellement dans la chapelle mortuaire des Vaucocourt, la chapelle Saint Laurent, où elle provoquera (elle pesait 900 kilos) l’écroulement du clocher en 1735.

 

LE CHAMP DE FOIRE

Un nouveau faubourg est né au-delà des remparts, à nouveau démolis, au temps de la Fronde : c’est le Champ de Foire. Des auberges avenantes s’y sont ouvertes. En effet les foires attirent fort les chalands et assurent déjà la renommée des produits thibériens aussi bien agricoles qu’artisanaux.

 

En 1789 la faïencerie Dubourdieu fabriquait de 4 à 5000 pièces réputées pour la beauté de leur émail : Au XIXeme siècle, le rouge de Thiviers était particulièrement célèbre. En 1907, cette faïencerie disparut mais la fabrique Desmarthon créée en 1853 poursuivit ses productions jusque vers 1929 (tels les pots qui contenaient le baume de la Veuve Farnier).

L’extinction des faïenceries coïncide étrangement avec celle des derniers loups du Périgord. En effet c’est en ce temps-là qu’une louve et ses louveteaux sont pris au bois Saint Germain et qu’un couple magnifique est tué à la Bécou sur la Côle. Naturalisés, ils sont encore visibles au château de Razac.

LE PARC
Le plus beau fleuron de Thiviers, en dehors de son architecture historique est sans conteste son parc. Il faut savoir qu’il était encore parc privé au début de ce siècle : c’était le parc Theulier.
La famille Theulier, notables thibériens, a fourni maires, députés et conseillers généraux depuis la Révolution ; en particulier le dernier, Albert, mort en 1912. On raconte que l’un d’entre eux, médecin outre-mer, ramenait à l’issue de chacun de ses séjours, des plants exotiques :
les hévéas ont disparu mais les séquoïas, les cèdres du Liban et les tulipiers de Virginie constituent toujours le cadre incomparable des terrains de sport, de la piscine, du théâtre de verdure et de la salle des fêtes. L’eau, captée dans le haut de la ville, alimentait les bassins situés sur les terrasses étagées et une orangerie occupait même l’emplacement de la Perception.
Ce lieu romantique a inspiré à Léonce Bourliaguet son roman  » Le Parc aux Prêles « .
Le parc fut vendu à la municipalité ainsi que la maison qui est devenue l’actuel Hôtel de Ville.

DE NOS JOURS,
La vocation commerciale de Thiviers, basée sur les productions du terroir, continue de s’affirmer.
La vieille devise de Thiviers : fortiter ac suaviter (avec courage et douceur)résume bien l’histoire de la cité faite de ressources morales pour vaincre l’adversité : elle est aussi une garantie et un espoir pour l’avenir.
Dans cette perspective, Thiviers noue des liens d’amitié, avec l’Europe qui s’ouvre, puisque Thiviers est jumelée avec Javea et Cistierna (Espagne) et Östringen (Allemagne).

Texte écrit par Jean-Pierre MONTEL

Lien Permanent pour cet article : http://thiviers.fr/archives/848